Insolites
Date: 08/11/2017
LA GUERRE DES PARCS

Dans notre verte campagne, Messieurs Z et A disposent chacun d'un grand parc à chevaux malheureusement contigus.

A l'occasion d'une crise aigüe de schizophrénie, Z accuse son voisin d'avoir « brisé la clôture de son parc, pour que ses chevaux s'échappent ».

Ils seront retrouvés en parfait état près du cimetière du village. Après une explication musclée, l'un et l'autre déposent plainte contre l'autre et l'un.

Deux ans plus tard, le Parquet, pas pressé mais bien inspiré, classe « pour infractions insuffisamment caractérisées ».

Notons que les chevaux, témoins privilégiés, n'ont pas été entendus par nos gendarmes.... Après un an de réflexion, A décide d'assigner en indemnisation de son préjudice corporel, pensant rapporter la preuve de l'agression publique dont il avait été victime !

Débouté, il saisit la Cour, sollicite 14.300 € de provision, outre une expertise neurologique et psychiatrique (manifestement nécessaire...). Nous apprenons alors, par les documents de la procédure, que les gendarmes ont confondu un véhicule Berlingot Citroën avec un Fiat Ducato, (ho, la honte ..!! ), que Monsieur A avait entretenu une longue relation extra-conjugale avec madame Z ( nous comprenons mieux l'animosité... ), mais que son mari se trouvait bien au volant du véhicule qui aurait explosé le genou de A qui indiquait ....ne plus pouvoir monter à cheval.

Z contestait les attestations, prétendait que A jouait toujours au foot, pratiquait la moto et le quad et se révélait donc être un parfait simulateur.

La Cour considère que les explications de A « ne sont pas crédibles », que ses attestations sont « sujettes à caution dans la mesure où il est impossible que, plus de 4 ans après les faits, les témoins soient aussi précis ».

Enfin les magistrats relèvent qu'après l'incident, les protagonistes se sont encore quelque peu escagassés devant les parcs sous l'œil réprobateur des chevaux et que A ne boitait nullement.

Les juges confirment donc la décision mais, dans une tentative d'apaisement, n'allouent pas de dommages et intérêts à Z pour procédure abusive de son voisin.

Espérons que cette décision n'obligera pas les protagonistes à engager prochainement un psychologue animalier....

(Cour d'Appel de NANCY, le 04.09.2017)  

Patrick de Chessé, Claudine Eutedjian, Nathalie Moulinas

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