Insolites
Date: 21/10/1922
A CALIFOURCHON OU EN AMAZONE

Le 20 juillet ….1920, Mademoiselle F. décide de se rendre auprès de son club préféré pour son habituelle heure de manège. A l’occasion d’un petit trot, elle chute lourdement ; elle est immédiatement soignée par un médecin présent sur place, qui désinfecte la plaie et la dirige ( la cavalière, pas la plaie !! ) vers le meilleur établissement hospitalier qui est…. le sien.

Mademoiselle F. décide, malgré tout, d’engager la responsabilité de l’établissement, ce qui va conduire les magistrats à analyser la situation dans son ensemble.

Ils rappellent que le cheval était « doux, facile, bien dressé, un véritable mouton, un bon cheval de manège ; que le cheval n’avait été ni malade ni fatigué la veille et le jour de l’accident ; que la leçon avait lieu sous la direction d’un écuyer d’une grande prudence, très patient, très maître de lui, toujours à côté de ses élèves et prêt à intervenir en cas de besoin ; que le manège était bien aménagé, que le sol était meuble, fréquemment défoncé à la herse et arrosé, que des copeaux avaient été placés pour amortir les chutes ».

Perfides, les magistrats précisent que malgré les avis de l’instructeur « la jeune fille, qui était d’assez forte corpulence et son père, avaient exigé qu’elle montât à califourchon ; que l’instructeur a expressément conseillé qu’elle montât en amazone, avec une selle de dame ( sic ) ».

Enfin, le manège n’étant pas un bloc opératoire (  quoique parfois le bloc soit un manège …), les juges précisent : « Attendu que si le sol du manège n’était pas désinfecté, ( resic ), il n’est est pas moins établi que le manège était bien aménagé, bien arrosé et tenu en parfait état de propreté ».

La Cour déboute donc la cavalière de toutes ses demandes.

( Cour d’Appel de Lyon – 1 ère Chambre – 21 octobre 1922 )

Patrick de Chessé, Claudine Eutedjian, Nathalie Moulinas

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